Cérémonie nationale d’hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives en Ariège

Mercredi 25 septembre 2019, à l'occasion de la cérémonie nationale d'hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives, deux plaques rappelant l'existence du hameau forestier de Ginabat ont été dévoilées.

les porte drapeaux sur le sentier forestier

Comme chaque année, la commune de Montoulieu a accueilli cette cérémonie sur le site de Ginabat où fut bâti le hameau forestier. Ouvert en 1964, ce hameau a accueilli 25 familles de harkis qui y vécurent jusqu'en 1969. Le « camp » de Ginabat était administré par un ancien sergent-chef de l’armée française et par son épouse, faisant office d’assistante sociale auprès des mères de famille . A l’aube, les harkis assistaient au « lever du drapeau tricolore » sur la place du hameau puis partaient en camions pour des travaux de forestages (débroussaillement, pose de buses, nettoyage de fossés, entretien de chemins), dans les forêts domaniales de Montoulieu, Ganac et Brassac. Un professeur qui officiait dans une école en préfabriqué avait pour mission prioritaire l’apprentissage de la langue française et l’alphabétisation des enfants, qui pouvaient ensuite intégrer une des deux écoles communales, selon leur niveau et leur âge.

A la fin des travaux forestiers en 1969, la plupart des familles ont été dirigées sur le camp de Rivesaltes et sur Lavelanet où l'essor de l'industrie textile leur offrait du travail. Ce 25 septembre, en présence de la préfète, des élus, autorités et anciens combattants, deux plaques furent dévoilées, l'une avec le noms des 25 familles pour que leur souvenir perdure et l'autre à l'entrée du chemin forestier pour honorer la mémoire des harkis et informer les randonneurs sur cette page d'histoire. Cette cérémonie emprunte d'émotion et de solennité a permis de rassembler la communauté harkie de l'Ariège et de mettre à l'honneur les derniers harkis encore vivants dans le département, et de laisser sur les lieux de nouveaux éléments de mémoire.

Éric Perin, ONACVG de l'Ariège

© ONACVG