Décès d'Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération

Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, est décédé ce mercredi 12 octobre à l'âge de 101 ans. Une cérémonie d'hommage présidée par le président de la République aura lieu ce vendredi aux Invalides à Paris, avant son inhumation au Mont-Valérien.

Hubert Germain

Hubert Germain

© Ministère des Armées

Fils d’un officier général issu des troupes coloniales, Maxime Germain, Hubert est né en août 1920 à Paris. Enfant, il suit avec sa famille pendant de nombreuses années le père au cours de ses déplacements dans différentes régions du monde.

En juin 1940, Hubert Germain a 19 ans et prépare le concours de l’École navale de Bordeaux. Cherchant à poursuivre la lutte après la débâcle, il apprend qu’un général, depuis Londres, appelle à continuer le combat. Le 24 juin, il embarque à Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), avec trois camarades, pour rejoindre l’Angleterre.

Il est d’abord affecté à la marine, mais part ensuite avec son parrain, le général Legentilhomme, en Palestine. Le jeune français libre participe à la campagne de Syrie en 1941, puis, dans son souhait d’action, rejoint la légion étrangère. Il se distingue dans les combats de Bir Hakeim du 27 mai au 11 juin 1942. Promu sous-lieutenant, il prend part aux combats en Égypte, puis en Tunisie jusqu’en mai 1943.

En mai 1944, il est engagé au Monte Cassino, est gravement blessé à Pontecorvo et est envoyé en soins à l’hôpital de Naples. C’est durant sa convalescence qu’il apprend qu’il a été élevé, par le général de Gaulle, au rang de compagnon de la Libération.

En août, il débarque en Provence, puis participe ensuite aux campagne des Vosges et d’Alsace. Il termine la guerre dans le sud des Alpes.

À la fin du conflit, il renonce à sa carrière militaire. Attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques, il s’engage en politique et rejoint le parti gaulliste. Maire de Saint-Chéron (Essonne), député de Paris de 1962 à 1972, il entre également au cabinet de Pierre Messmer, aux côtés duquel il a combattu en Lybie. En 1972, Messmer fait de lui son ministre des postes et des télécommunications, puis des relations avec le parlement en 1974.

Pendant de longues années, et jusqu’à son décès, Hubert Germain a souhaité, inlassablement, témoigner de son parcours, et faire comprendre les raisons de son engagement pour la France.