Un 11 novembre particulier dans le Jura

Mercredi 11 novembre 2020, au monument aux morts de Lons-le-Saunier, ville préfecture du Jura, le 102e anniversaire de l’armistice de 1918 a été commémoré afin de célébrer la victoire et la paix, et de rendre hommage à tous les morts pour la France.

La période sanitaire inédite que nous traversons a imposé une commémoration en format restreint, sans public. Mais l’ensemble des associations d’anciens combattants, de victimes de guerre, de la mémoire et du lien armée-Nation ont été associées, et au-delà, bien sûr, la population et notamment les jeunes générations.

Il y a 102 ans précisément, c’était un lundi, l’armistice fut signé à 5h15 du matin, dans un wagon stationné dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.

Le cessez-le-feu deviendra effectif à 11 heures du matin, entraînant partout en France, des volées de cloches et des sonneries de clairons. Cette guerre  avait entraîné, pour l’ensemble des belligérants, près de vingt millions de morts, d’invalides et de mutilés, dont huit millions de civils.

De Jules Peugeot, caporal au sein du 44e régiment d’infanterie de Lons-le-Saunier, considéré comme le premier militaire français tombé lors de la Grande Guerre, le 2 août 1914, à Augustin Trébuchon, que l’Histoire retiendra comme le dernier soldat français mort au combat le 11 novembre 1918 dans les Ardennes, ce sont 1,4 million de soldats morts pour la France que notre Nation pleurera. Sans compter les plus de quatre millions de blessés, les centaines de milliers de veuves de guerre et le million d’orphelins de guerre qui deviendront pupilles de la Nation.

Le 11 Novembre au fil du temps

C’est le 11 Novembre 1919, lors du premier anniversaire de cet armistice, qu’a été observée pour la première fois, en France, une minute de silence.

Le 11 Novembre 1920, il y a juste un siècle, le soldat inconnu était inhumé sous l’Arc de triomphe. Il avait été choisi par Auguste Thin, soldat au 132e régiment d’infanterie et pupille de la Nation, parmi les huit cercueils exposés dans la citadelle souterraine de Verdun. Depuis 1923, la flamme éternelle éclaire sa tombe et est ravivée chaque soir, sans aucune interruption jusqu’à ce jour.

Le 11 Novembre 1934, est organisée à Paris la première collecte sur la voie publique au profit du Bleuet de France, fleur du souvenir placée dès 1928 sous son haut patronage par Gaston Doumergue, alors président de la République.

Le 11 Novembre 1940, une manifestation de plusieurs milliers de lycéens et d’étudiants se déroule dans un Paris occupé, sur les Champs-Élysées et devant l’Arc de triomphe, en commémoration de l’armistice. Elle fut durement réprimée par les occupants nazis qui l’avaient interdite. Elle est considérée comme l’un des tout premiers actes publics de résistance en France après l’appel du 18 juin 1940, dont nous avons commémoré cette année le 80e anniversaire.

Comment ne pas évoquer le 11 novembre 1943 et le défilé historique qui s’est déroulé à Oyonnax. Il est l’une des actions les plus emblématiques de l’histoire du maquis de l’Ain et du Haut-Jura, et au-delà, de la résistance intérieure française, à qui il offrira une notoriété et une reconnaissance nationale et anglo-saxonne.

Depuis 2012, le 11 Novembre n’est plus seulement le jour anniversaire de l’armistice de 1918, il devient aussi le jour d’hommage à l’ensemble de ceux qui sont morts pour la France.

L’an dernier, le 11 Novembre 2019, le monument aux morts pour la France en opérations extérieures a été inauguré au parc André-Citroën à Paris, par le président de la République. Il constitue le dixième haut lieu de la mémoire nationale. Six soldats de bronze, dont une femme, porte un cercueil invisible symbolisant les disparus que l’on ne peut nommer. Autour, 37 plaques gravées des noms des 571 militaires morts pour la France à ce jour depuis 1963.

Le 11 Novembre 2020 restera lui aussi dans l’Histoire. Non pas du fait du coronavirus, mais car c’est ce jour qu'est rentré au Panthéon l’académicien Maurice Genevoix, mobilisé en 1914 comme sous-lieutenant au 106e régiment d’infanterie, et auteur de Ceux de 14, célèbre ouvrage dans lequel il relate son expérience de soldat durant la Grande Guerre.

La cérémonie jurassienne fut présidée par monsieur David Philot, préfet du Jura.

Bruno Dupuis, ONACVG du Jura