Ma Blessure invisible

Jeudi 18 mars, Sylvain Favière, soldat réserviste, rendait visite aux élèves de la classe défense et de sécurité globale du collège François de Belleforest de Samanta. Infirmier soldat, parti en Afghanistan à l'été 2008, il est victime d'un syndrome post traumatique de guerre depuis.

Sylvain Favière face à la classe
Sylvain Favière face à la classe

« L’écriture c’est une thérapie, ça aide à évacuer le sur-stress » ! Voilà une des nombreuses réponses qu’a données Sylvain Favière aux élèves. Initialement prévue en mars 2020, cette rencontre a eu lieu grâce au concours d'Olivier Dupont, directeur de l'ONACVG du Gers, de Karine Aparicio, enseignante d'Histoire-Géographie et du 31ème régiment du Génie de Castelsarrasin (82).

Sylvain Favière face à la classe
Sylvain Favière face à la classe

Avant de lui laisser la parole, Olivier Dupont a introduit l'intervention en présentant l'histoire de la prise en charge des syndromes post traumatiques de guerre, depuis la Première Guerre mondiale à nos jours. Sylvain Favière prend alors la parole, et se veut rassurant : « Ne vous inquiétez pas si j’ai la voix qui tremble ou si j’ai besoin de m’arrêter parfois, c’est normal ». Effectivement, l'émotion point dans ses réponses, dans un silence respectueux. Sylvain raconte son parcours, son engagement, sa mission en Afghanistan qu’il attendait tant, cet attentat dont son convoi est victime, point de départ de cette blessure. Il se confie sur le retour à la vie normale et sur la difficulté d'admettre que les choses ne sont plus comme avant : « Quand on se met dans une colère noire pour une fourchette qui tombe ou qu’on pleure enfermé des journées entières c’est qu’il y a un problème ».

« C’est une blessure dont on ne guérit jamais complètement, on apprend à vivre avec et grâce à vous aujourd’hui je repars gonflé à bloc », c’est sur ces quelques mots que ce moment d’échange s'est terminé. Les deux heures prévues sont passées très vite pour les élèves, surpris par la sonnerie, et marqués par l'intensité de ce témoignage rare et précieux.

Cécile Font, référente mémoire régionale Occitanie